Le "nanisme" des sociétés françaises par Bernard Zimmern...
Les chiffres du commerce extérieur français sont sans concession :
La France manque d’entreprises exportatrices. Or, ces entreprises sont principalement celles qui ont dépassé une certaine taille et sont ainsi capables de répondre aux défis de l’international.
Où en est la France en termes d’entreprises de plus de 10 salariés ? On entend beaucoup parler du manque d’ETI (Entreprise de Taille Intermédiaire, entreprises de plus de 250 salariés), mais ce manque viendrait-il seulement d’un déficit de ces entreprises ?
La France manque d’entreprises exportatrices. Or, ces entreprises sont principalement celles qui ont dépassé une certaine taille et sont ainsi capables de répondre aux défis de l’international.
Où en est la France en termes d’entreprises de plus de 10 salariés ? On entend beaucoup parler du manque d’ETI (Entreprise de Taille Intermédiaire, entreprises de plus de 250 salariés), mais ce manque viendrait-il seulement d’un déficit de ces entreprises ?
La France en manque d’entreprises de grande taille
Les chiffres de l’INSEE nous montrent que le nombre d’entreprises actives en France est assez équivalent à celui observé en Allemagne et au Royaume-Uni, autour de 3 millions. Cependant, à y regarder de plus près, la distribution des entreprises par taille n’est pas du tout la même :
(France = 100% pour chaque catégorie)

Ce graphique met en avant le nanisme de nos entreprises comparées à celles de nos voisins européens.
Il est évident que nous manquons d’ETI mais nous manquons autant, sinon plus, d’entreprises de plus de 5.000 salariés.
Cependant, une étude menée par l’IRDEME [1] concluait qu’il faudrait de l’ordre d’un siècle pour combler notre retard, car nous ne produisons pas assez de PME capables de grossir pour devenir ETI et remplacer celles qui disparaissent, que ce soit en devenant grosses entreprises (> 5.000 salariés), en retombant dans les PME ou simplement en fermant.
Il est évident que nous manquons d’ETI mais nous manquons autant, sinon plus, d’entreprises de plus de 5.000 salariés.
Cependant, une étude menée par l’IRDEME [1] concluait qu’il faudrait de l’ordre d’un siècle pour combler notre retard, car nous ne produisons pas assez de PME capables de grossir pour devenir ETI et remplacer celles qui disparaissent, que ce soit en devenant grosses entreprises (> 5.000 salariés), en retombant dans les PME ou simplement en fermant.
L’écart ne semble pas se réduire si l’on regarde le nombre d’entreprises avec 10 salariés ou plus en 2002 et en 2009, leur nombre (185.569 en 2002, 196.627 en 2009 [2]) a augmenté de 4,8%, c’est-à-dire autant que l’augmentation de la population en âge de travailler [3] .
Alors pourquoi les gouvernements s’entêtent-ils à se focaliser uniquement sur le manque d’ETI alors que nous manquons tout simplement d’entreprises de plus de 10 salariés, que nos entreprises sont atteintes de nanisme et que la responsabilité de l’INSEE était de se demander d’où vient ce nanisme et d’alerter nos dirigeants ?
Nous manquons certes d’ETI (entreprises de 250 à 5.000 salariés) mais au moins autant sinon plus d’entreprises de moins de 250 salariés ou de plus de 5.000 salariés.
Conclusion
La France est en retard pour ce qui est du nombre d’entreprises de plus de 10 salariés, impactant le commerce extérieur français et le taux d’emploi. Il est donc important de se concentrer sur ce problème pour réduire le fossé observé avec les autres pays européens.
Ceci peut être fait, soit par une forte création d’entreprises de grande taille, soit par un rapide grossissement des entreprises existantes. Or qu’en est-il exactement ? Une prochaine étude tentera de répondre à cette question.
Ceci peut être fait, soit par une forte création d’entreprises de grande taille, soit par un rapide grossissement des entreprises existantes. Or qu’en est-il exactement ? Une prochaine étude tentera de répondre à cette question.
La Fondation IFRAP
Voir l'article sur le site de l'IFRAP

