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Le coup de gueule du fondateur de Capital Initiative contre les banques: article de L'Alsace

Fondateur du fonds d’investissement Capital Initiative destiné à aider les PME-PMI, René Hans estime que, malgré le discours dominant, les banques, pas plus que l’État, n’assument leurs responsabilités.

On parle beaucoup de la crise de l’euro, mais l’asphyxie financière dans laquelle se trouvent les PME-PMI n’est-elle pas plus grave ?

Absolument. Il n’y a pas d’argent pour les PME. C’est grave. Quand on parle de PME en France, il faut savoir que 93 % ont moins de 10 salariés et 98 % ont moins de 50. Or, toutes les statistiques que publient la Banque de France et les banques traitent des entreprises de plus de 20 salariés. Un échantillon statistique qui représente moins de 5 % de la population est-il significatif ? Lorsqu’on publie les chiffres sur le financement des PME-TPE en France, c’est comme si on prenait l’échantillon du 16 e arrondissement de Paris pour dire comment vivent les Français. Cela fausse la vision des choses. 60 entreprises frappent actuellement aux portes de Capital initiative pour demander un financement et ce ne sont pas les plus mauvaises. J’en ai une qui en est à la septième génération, des gens qui ont des millions d’euros de patrimoine et ne trouvent pas de financement. Même Bercy reconnaît la réalité de cette situation. Au 30 juin, nous avons une vingtaine de boîtes qui n’ont pas de financement et 200 emplois qui vont disparaître en Alsace.

Capital Initiative apparaît comme un chevalier blanc. La définition vous convient-elle ?

Pourquoi chevalier blanc ? Non. On cherche à faire là où d’autres ne font pas. On pourrait être un très bon allié des banquiers s’ils étaient intelligents. Mais on est entourés de robots, de gens qui ne réfléchissent plus. Nous sommes une structure différente qui permet de répartir le risque. Nous cherchons des investisseurs et, une fois que le contact est établi, nous faisons en sorte, via Capital Initiative, qu’ils aident des entreprises viables mais temporairement en manque de liquidités. Parce que nous sommes propriétaires de ce que nous rachetons, il n’y a pas de risque.

Capital Initiative ne cesse de croître, de lever des fonds… Jusqu’à viser une entrée en bourse en 2015. N’allez-vous pas trop vite ?

Non, ça ne va pas assez vite pour le bénévole que je suis. Car le besoin est beaucoup plus important. C’est aussi pour cela que nous voulons entrer en bourse car cela fait toujours venir beaucoup d’actionnaires. Des pays comme la Turquie nous ont appelés et trouvent l’idée intéressante. À Sup de Co, ils trouvent l’initiative originale et pertinente. Seulement, nul n’est prophète en son pays et quand on parle de ça en Alsace, les banquiers nous prennent pour leurs adversaires. Si au moins, ils comprenaient qu’on est complémentaire, qu’on peut travailler intelligemment ensemble, ça changerait beaucoup de choses.

Pour vous, la problématique essentielle des PME tient à leur fonds de roulement ?

L’absence de financement des PME est impressionnante : 17 000 ont fait appel au médiateur du crédit l’an passé, la moitié pour une somme inférieure à 8 500 €. La banque leur avait écrit : « Monsieur, vous avez un découvert autorisé de 10 000 €, vous aviez deux mois pour le rembourser et vous ne l’avez pas fait. Donc, on coupe le crédit. » Mais si le patron l’a fait, c’est qu’il en avait besoin. S’il ne l’a plus, il va retarder le paiement de ses fournisseurs et ne pas payer l’Urssaf pour pouvoir renflouer la banque. En ne payant pas son fournisseur, il le rend malade et la maladie est devenue contagieuse. Certaines entreprises ont aussi vu leurs finances asséchées par la crise et ont besoin de cash pour repartir. Or, les banques n’ont pas d’argent à prêter. Quand elles en récupèrent, elles le gardent pour reconstituer leurs fonds propres ; tous leurs actifs financiers sont toxiques et ils ne peuvent pas les vendre. Regardez les cours de la bourse, il n’y a pas de liquidités.

Combien d’entreprises vous ont-elles sollicité en Alsace ? Combien en aidez-vous ? Quelle somme serait nécessaire ?

Nous en avons plus d’une centaine en attente. Et depuis trois ans, plusieurs centaines nous ont contactés. Quand leur entreprise est condamnée pour quelques milliers d’euros, les patrons se révoltent. À l’instar du Collectif de défense des PME créé en Alsace.

Jusqu’où peut aller cette révolte ? Jusqu’à ébranler le système bancaire ?

Je ne pense pas mais j’espère que ça va mettre l’État devant ses responsabilités. Le banquier est un opérateur privé quand il estime qu’il n’a pas à prendre de risques. Nous, on a sauvé Hydra dans la vallée de Saint-Amarin et pour 300 000 € de mise de fonds, 170 emplois ont été sauvés. Soit, si tous étaient payés au smic, 170 000 € qui rentrent chaque mois dans les caisses de l’État. Lequel aurait récupéré sa mise en deux mois.

En clair, vous pointez la responsabilité des banques mais aussi de l’État…

Oui. Parce qu’Oseo et les autres intervenants nous racontent que tout va bien dans le meilleur des mondes alors que ce n’est pas vrai.


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